Continuer à avancer

Je me suis faite un peu distante ces dernières semaines, j’ai continué à lire vos articles bien sûr, mais j’ai peu commenté. Toujours une sorte de « culpabilité » vis-à-vis de vous autres qui êtes sur le quai, et aussi tout simplement besoin de prendre un peu de recul…

Les évènements de cette funeste semaine m’ont comme tout le monde beaucoup remuée. Grosse gueule de bois depuis deux jours. L’impression d’avoir appris le décès d’une vieille connaissance que j’avais perdue de vue. Charlie Hebdo a le doux parfum de ma jeunesse, mes années de lycéenne et d’étudiante où j’avais une conscience « politique » beaucoup plus aboutie qu’aujourd’hui et me passionnait pour la « chose publique ». J’achetais de temps à autres Charlie ou Le Canard, ce qui nourrissait encore plus ma soif de révolte. Avec les années, je me suis -malheureusement- calmée et j’ai perdu ma révolte. Blasée. Mais qu’on s’en prenne d’une manière aussi lâche à des intellectuels (oui, on peut être un intellectuel et un rigolo à la fois, ce n’est pas incompatible !), des gens qui nous aident à réfléchir, qui parlent de tout et sans tabou, ça me révolte ! Je n’oublie pas non plus les policiers qui prennent tant de risques pour nous protéger. Et aussi ceux qui ont eu la malchance d’être au mauvais endroit au mauvais moment…

Les prises d’otages viennent de prendre fin, je l’espère pour très longtemps et j’espère surtout sans faire d’autres victimes innocentes. Il y aura un avant et un après, c’est sûr. J’espère profondément que nous saurons faire face en nous serrant les coudes, et que certains esprits chagrins n’en profiteront pas pour répandre leurs idées nauséabondes… Mais les premières images de rassemblements spontanés, le soutien du monde entier me rassurent sur l’espèce humaine…

Et à tous ceux qui répandent la haine et la violence, avec la vulgarité qui me caractérise, j’aimerais dire ceci :

JE-SUIS-CHARLIEsource : http://ericsalch.over-blog.com/article-je-suis-charlie-125341769.html

Voilà pour ces évènements…

D’un point de vue plus perso, je continue mon « flottement » dans le monde du début de la grossesse. Dans 3 jours, si tout va bien, je battrai mon record puisque je dépasserai la date fatidique des 10SA +3 j qui marquait la durée de ma plus longue grossesse. Et histoire de ne pas être rassurée, plusieurs symptômes ont disparu depuis 2, 3 jours. J’ai peur que le cœur de Tom Tom se soit arrêté. J’ai eu une deuxième écho, toujours OK, le 24.12. Cette fois Biquet était présent, et comme apparemment il n’y a pas de PMA la semaine de Noël, il n’y avait que des nanas enceintes qui attendaient, donc je n’ai choqué personne à venir avec mon Jules. Je l’ai compris parce que plusieurs mecs étaient dans la salle d’attente contrairement à d’habitude, et surtout l’interne qui m’a fait l’écho m’a demandé direct à combien j’en étais. Ensuite j’ai été bien malade ces 3 dernières semaines, avec une tension qui est tombée à 8 – 5 au plus bas, la nausée et une grosse fatigue. Bref, j’étais trop pas bien mais trop contente, de vrais signes de grossesse ! Je me suis quand même inquiétée d’une tension aussi basse pour la santé de Tom Tom, et mon médecin traitant, qui se désole de mon parcours depuis 2 ans, m’a mise au repos. Mais aujourd’hui je me demande ce qu’il se passe. Plus la gerbe, plus fatiguée. La grosse trouille. J’ai même commandé un « Angel sound » sur Amazon (tiens, il était moins cher en début de semaine)… Oui, j’ai craqué. C’est stupide et tout sauf rassurant. Je l’ai reçu, je n’entends rien. J’aurais dû m’y attendre. Soit c’est trop tôt (et c’est hautement probable), soit je suis nulle (probable aussi) et ne sais pas m’en servir, soit…

Enfin y’a qu’à attendre, prochaine écho dans 15 jours. S’il est arrivé une cata, je le saurai avant, je me prépare à l’éventualité d’une mare de sang depuis 8 semaines, dans ma tête de traumatisée, une grossesse ça ne peut que finir comme ça. Enfin je croise les doigts, mais le Bon Dieu s’il existe à d’autres problèmes que ma petite personne à gérer en ce moment…

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TomTom

J’hésite de plus en plus à venir m’épandre ici. Par respect pour vous toutes qui en bavez. Tout serait parfait si vous toutes aviez la chance de monter dans le train en même temps que moi. Donc je comprendrais que certaines ne souhaitent plus me suivre, mais j’ai encore besoin d’écrire. J’ai de plus en plus un sentiment de « honte » vis-à-vis de vous toutes, d’avoir eu la chance de tomber enceinte si facilement, alors que vos parcours sont si difficiles… Je mesure ma chance à chaque fois que je vais aux toilettes (vachement glamour…) et que je m’attends à trouver une mare de sang, mais non, tout va bien, c’est irréel… Même si je ne me considère pas hors de danger, loin de là !

Jeudi a eu lieu la première écho, à 6 SA, celle qui devait dire s’il y avait GEU ou pas, et simplement s’il y avait un embryon avec un coeur qui bat, ou seulement du vide comme les fois précédentes. Après une nuit plus qu’agitée, j’arrive l’estomac noué dans la salle d’attente, avec toutes les filles en suivi PMA. Je regarde mes pieds. Je me dis que certaines commencent peut-être les investigations, d’autres en sont peut-être à plusieurs FIV. Et moi j’attends la délivrance, enfin la première. Arrive assez rapidement mon tour, je dois passer avec ma gynéco. Il n’y a plus de salle, on monte à l’étage, du coup dans l’ascenseur on a un peu le temps de discuter, ce qui me donne l’occasion de la remercier. Voilà, c’est fait, quelque soit le résultat de l’écho. Parce que s’il est mauvais, pas sûr que j’en aurai la force…

Hop, je tombe le bas (l’écho normale sur le ventre c’est pas pour tout de suite !), je m’installe, encore 5 interminables minutes pour démarrer l’appareil et l’image s’affiche. J’ai compris. Une bulle noire avec un point blanc. « L’embryon est là. Il mesure 2.6 mm ». J’en aurais pleuré. Un bébé-GPS. Il a trouvé sa route. Son premier nom, ça sera TomTom.

Encore quelques investigations, « le point qui clignote c’est son coeur », j’ai même la possibilité de l’écouter quelques secondes. Gygy conclut la séance par ces mots rassurants et prudents à la fois : « pour aujourd’hui tout va bien ». Ce qui me rappelle même si je n’en avais pas besoin que rien n’est gagné. Elle me confirme qu’il faut mieux me tenir tranquille, toute façon la course à pied c’est fini depuis le test +.

Je ressors de là toute chamboulée, avec de précieuses photos de TomTom, que j’ai pour mission de ramener à la prochaine écho pour comparer la taille. Ce sera dans 15 jours (enfin 14, la veille de Noël) même lieu même heure, puis si tout va bien rien avant fin janvier pour l’écho des 3 mois. Je me jette sur mon portable pour annoncer à Biquet la bonne nouvelle. Il n’a pas pu venir parce que le matin de bonne heure, il bosse. Et puis franchement j’y tenais pas trop, vis-à-vis de toutes les filles qui attendent et auraient compris que nous, nous avions la chance d’être là pour une bonne nouvelle. Encore ces p..ns de scrupules. Je ne veux pas devenir une PB insensible. Enfin s’il avait pu se libérer, je ne l’aurais pas empêché de venir. J’aurais bien aimé qu’il partage ce moment, parce que lui en a encore plus bavé que moi de ce parcours.

Donc voilà. Tout va bien. Je tremble. Je me projette, encouragée par mon ventre qui s’est déjà un peu arrondi (je suis assez mince, donc ça se voit tout de suite pour Biquet et moi. Rien de visible pour le monde extérieur). Puis je me dis non, tout peut encore foirer. Je vais au labo faire ma prise de sang deux fois par semaine, je me pique consciencieusement dans la cuisse chaque matin, un jour la droite, le lendemain la gauche, je prends mon acide folique quotidien avec un verre d’aspegic nourrisson et je m’enfile un ovule de progestérone chaque soir après la douche.

Surtout, je couve mon « zembryon » qui a trouvé sa route.

Et je prie très fort, pour moi, pour toutes celles qui galèrent, c’est tout ce que je peux faire.

Pregnant Bitch

Bon ben on dirait que c’est bien parti. 845UI, le taux a plus que doublé en 48h. Le spectre de la GEU s’éloigne… Je suis officiellement une PB. Mais pas une PB en C1. En C31 en fait, j’ai compté. Enfin j’ai compté les mois, les cycles je sais pas, parfois ça a vraiment été le bazar !

J’ai pas arrêté de la journée, pas eu 10 minutes pour vous répondre, mais vraiment, un grand merci à toutes pour vos messages de soutien, je viens de les découvrir et vous m’avez fait verser ma petite larme ! Je crois que je n’ai pas fini d’en verser d’ailleurs… mais de joie j’espère !

ThankYou

Voilà, j’ai reçu un texto ce matin à 8h15 sur la route du boulot, qui me disait que mes résultats étaient -enfin- disponibles. C’est donc depuis mon iphone, garée en vrac sur le parking de l’Intermarché de Ploucville, après de longues minutes de bataille pour avoir assez de réseau, que j’ai réussi à accéder au Saint Graal : mes résultats. 845. J’aurais pas été assise j’en serais tombée sur le cul. Évidemment j’ai tout de suite appelé Biquet… avant de vite reprendre la route parce qu’avec tout ça j’étais méga en retard !

Cela va sans dire que je n’ai eu aucune explication pour la rapidité de transmission des résultats. Mais franchement maintenant je m’en fiche.

Gygy m’a rappelée en fin de journée -j’avais laissé un message à sa secrétaire. Elle m’a félicitée, ça m’a fait tout bizarre, je ne voyais sincèrement pas en quoi je méritais des félicitations. Je lui ai répondu que c’était plutôt elle qui en méritait, qu’elle était une magicienne ! C’est vrai, elle m’a réparée ! Cette coelio a débouché mes trompes, j’en suis certaine…

Elle m’a donc confirmé l’écho des 6 SA le 11 décembre. Ce sera le matin à 7h30, avec toutes les nanas en galère qui sont là pour leur diagnostic infertilité ou leur suivi PMA… J’ai connu ça une seule fois pour l’écho de comptage des follicules (celle où on en a trouvé à peu près 8 ou 10 sur 2 ovaires, en cherchant bien). Les filles qui attendent leur tour dans l’ordre d’arrivée, en regardant leurs pieds, pas un mot, pas un regard. C’était sinistre. Je sais -oh combien !- que c’est encore loin d’être gagné pour moi, mais si je pouvais leur dire qu’en juin j’étais à leur place, et que là, c’est le début de quelquechose, qu’il faut s’accrocher parce que parfois ça marche…

Demain je dois passer récupérer mon ordonnance pour les injections d’anticoagulants et les prises de sang pour les plaquettes qui vont avec, à faire 2 fois par semaine… Je vais vite ressembler à une passoire avec tout ça, surtout qu’il y en a pour tout le premier trimestre au moins ! En plus, on ajoutera de l’Aspegic nourrison pour fluidifier le sang, et Inch’Allah !

Voilà, reste à annuler les RDV au centre PMA de la grande ville. J’ai tellement peur que ça me file la poisse, j’ose pas appeler… Mais je vais le faire dès demain, je suis polie ! Encore une fois, je sais que c’est seulement un début, que tout peut s’arrêter du jour au lendemain, que ce n’est que le billet pour monter dans le train, mais j’ai envie de croire qu’il va me mener à mon but.

Encore merci à toutes d’être là, dans les bons moments comme les plus difficiles.

304

304ui.

C’est le résultat de la prise de sang de samedi matin. J’ai pas mal hésité avant de venir en parler ici, vis-à-vis de vous toutes qui galérez tant.

Techniquement, je suis enceinte. Home made. Sous la couette. ça a marché.

Enfin… une fois de plus. C’est la cinquième fois en 2 ans et demi, et jusque là ça s’est toujours fini en eau de boudin. Donc je flippe. Une nouvelle GEU maintenant c’est le pire qui pourrait arriver : survivre à ça en période de Noël, quand sainte belle-soeur va pondre sa 2ème merveille en 2 ans, quand tous les RDV pré FIV sont -enfin- calés. Je pourrais pas.

Donc voilà, jeudi soir j’en étais à 2 jours de retard, et j’avais gym. Dans ma tête de dinde, je me dis que je ne vais pas aller faire des abdos si un mini-nous est en train d’essayer de faire son nid, donc même si je n’y crois pas trop, je fais un test pipi, histoire de pouvoir aller suer sereinement. Putain, positif (yes ! pas d’abdos ce soir !) !!!!

Les larmes sortent toutes seules, à la fois de bonheur, parce que si ENFIN le vent tourne et qu’on a un peu de bol, on va échapper au Noël sinistre et surtout à la PMA, et de terreur parce que j’ai tellement peur qu’il y ait une fois de plus un problème…

Donc je passe mon vendredi à scruter mon fond de culotte -d’ailleurs je me balade avec des protège-slip depuis une semaine, histoire de bien distinguer la moindre tâche de sang- et n’y trouve que des reliquats d’ovules à la progestérone…

Donc samedi matin je vais au labo. J’ai résisté jusque là parce qu’il faut faire les beta à 48h d’intervalle, et c’est bien connu que si on n’ovule pas le dimanche, on ne fait pas de prise de sang non plus. Et boum, résultat à 13h : 304UI. Ce doit être mon record. « Donc si ça foire va falloir un moment avant de redescendre à zéro » : c’est la deuxième pensée qui me vient à l’esprit, après « chouette, cette fois-ci c’est bien parti ! ». Impossible d’oublier je vous dis…

Donc hier lundi je me lève à l’aube (alors que je ne bosse pas) pour retourner au labo. Et j’attends les résultats. J’attends. J’attends. Pas de SMS. J’essaie de me connecter sur le site du labo. Rien, résultats pas encore transférés  Arrive 17h, je tiens plus, j’appelle, et je tombe sur une gourde qui n’en a rien à foutre technicienne du grand labo qui chapeaute le petit où je vais qui me répond que c’est en cours. Mon cul. Des beta ça prend une heure. Et si le téléphone bascule chez toi, c’est que les autres ont fermé boutique jusqu’à demain….

Et en effet, nous sommes mardi 6h50 et toujours aucune nouvelle. Des années que je vais là-bas, j’ai toujours eu mes résultats dans l’aprèm pour tout ce qui est classique comme les INR ou les BHCG… Depuis hier j’ai le moral dans les chaussettes. J’en peux plus d’attendre. Ce matin j’étais réveillée avant la sonnerie du réveil, ce qui ne m’arrive pour ainsi dire jamais. A 8h je les appelle. Je suis sûre qu’ils ont pété la fiole ou une autre connerie du genre. Juste pour mettre mes nerfs à rude épreuve.

Donc voilà où j’en suis. Désolée pour celles que je choque, genre « ouais, elle tombe enceinte en écartant les jambes et elle se plaint encore ! », je suis bien consciente que mes propos peuvent être interprétés ainsi et je le comprends tout à fait, mais je vous assure que 4 grossesses qui finissent dans les toilettes ça vous sort illico du monde des Bisounours.

La suite au prochain épisode…

panneau signalétique rue Marettes

Programme PMesque

Notre tentative de FIV1 aura lieu -si tout va bien- en février… 3 mois…Que c’est loin… On en sera presque à 3 ans d’essais, et enfin on aura le droit de rentrer dans l’arène ! Hallucinant…

En attendant, GygyPMA nous a donné des devoirs pour patienter.

D’abord faire du poney, parce que comme dirait l’autre, « on sait jamais, sur un malentendu ça peut marcher ! ». Donc on s’y attelle (oh le jeu de mot, trop forte!!!).

Ensuite, j’ai un prélèvement vaginal a refaire, il paraît que ça vit que 3 mois ces choses-là. Et oh bonheur ! Gygy (qui va pourtant m’inspecter le bas au prochain RDV pour voir si le tuyau de transfert des embryons passe) ne veut pas le faire elle-même, il faut que j’aille au labo… Sans commentaire…

Ensuite, les premiers RDV à la Grande Ville. Parce que oui, les FIV, on les fait pas au centre PMA de la Petite Ville à 30Km de la maison (qui lui se contente des échos endo-chattales de suivi), on les fait à la Grande Ville à 100 bornes. Chouette, je me disais aussi que c’était trop simple…. Le plus sympa dans tout ça, c’est qu’il faut arriver 1/2h avant chaque RDV, pour faire quoi ?…. Les étiquettes ! Ces p…n d’étiquettes ! C’est déjà pas assez compliqué d’avoir RDV à 1h15 de route de la maison, à l’heure des bouchons, dans une ville où on n’a jamais mis les pieds d’ailleurs ! « Noubliez pas de passez aux étiquettes sinon on ne pourra pas vous recevoir en RDV ! » a averti la secrétaire. Hou là là, ça rigole pas ! Elles me sortent par les yeux ces étiquettes. Je pense à la chanson de Gainsbourg, le Ponçonneur des Lilas, avec ses petits trous, mais moi c’est avec mes étiquettes !

Bref. Les RDV sont pris depuis longtemps, je commence à connaître les délais et il est hors de question qu’on prenne du retard parce qu’il manque des étiquettes une rencontre avec une sage-femme !

Donc le 08/12, on débute les hostilités par l’anesthésiste. Apparemment, à la Grande Ville, ils préconisent la ponction sous hypnose. Ne faites pas cette tête, moi aussi ma première réaction a été « no way ! ». Mais après discussion, et à la réflexion, je vais insister (si besoin) pour partir là dessus. D’abord parce que c’est une hypnose avec shootage : on vous met dans la vapes avec une bonne dose de médocs, et l’hypnose vient seulement en complément. Ensuite, parce que je suis persuadée que je vais enchaîner les ponctions (étant donné qu’on va partir sur un cycle semi-spontané, et que je suis en insuffisance ovarienne. Si, si, la dame l’a écrit sur la demande de 100%. On n’a pas fini les ponctions blanches et les déconvenues…). Donc hypnose + peu de traitement de stim = on peut enchaîner les essais sans cycle de repos. Et ça, ça me va bien ! J’ai besoin d’action ! Et je ne veux pas rester sur un échec trop longtemps. Et enfin parce que c’est certainement moins traumatisant sauf si on se réveille en pleine opération que d’enchaîner les anesthésies générales…

Dans la foulée de l’anesthésiste, RDV avec les sage-femmes FIV. Alors là j’ai pas compris ce que c’est, ce sera la surprise… Est-ce que c’est la fameuse « réunion pré-FIV obligatoire » ? On verra… J’en n’attends pas grand chose…

En tous cas, bien contente d’avoir pu caler deux RDV le même jour, et en plus un lundi, mon jour de repos, ce qui m’évitera de prendre ma journée.

Et on remet ça le lundi suivant, mais bien plus tôt le matin, sinon c’était pas fun ! RDV à 9h pour la pougnette de Biquet, donc si je rajoute la demi-heure d’étiquettes, la grosse demi-heure de bouchons et la groooooosse heure de route, ben faut partir de la maison… la veille ? trop tôt.

Oui, Biquet doit repasser au plaisir solitaire, parce que le centre PMA de la Grande Ville veut faire son propre spermogramme. Allez savoir, à force de chercher ils vont bien finir par trouver un problème de ce côté-là aussi ! Ça rétablirait l’équilibre dans le couple qu’on soit tous les deux handicapés des gamètes, non ? Cette fois-ci, il espère qu’il échappera au film de boules des années 90 avec une belle sodomie en gros plan : à 8h du mat, la dernière fois, ça la lui a plutôt coupée m’a-t-il dit…

Le RDV suivant, le dernier de la série -parce que là encore j’ai réussi à en caler 2 dans la même journée- est à 15h30 (enfin 15h en heure des étiquettes) avec le biologiste. Là encore, je ne sais pas trop ce qu’il va nous raconter…

Entre-temps, on profitera de notre passage en terre civilisée pour aller faire un tour chez Ikéa. Oui, on a les loisirs qu’on peut. Et faire quelques boutiques s’il y en a pas trop loin (encore une fois, je n’ai jamais mis les pieds dans le coin).

Donc voilà. Une fois de plus je compte les jours. Si vous avez des conseils pour ces RDV, genre des trucs sur lesquels insister, ou des questions à poser, je suis preneuse…

Sinon aujourd’hui j’ai eu une grosse journée de merde au boulot. Je déteste ce job, mais il paie relativement bien. Donc je reste. Jusqu’à l’overdose. Dans mon boulot, je suis amenée parfois à faire remplir des questionnaires médicaux. Et aujourd’hui, en récupérant celui d’une cliente, j’ai lu en réponse à la question « avez-vous déjà été opérée ? » , oui, pour grossesses extra-utérine, en 88 et en 97. ça m’a fait un choc. J’aurais aimé lui parler, savoir comment elle avait vécu ça, et surtout comment elle s’en est remise, mais on n’était pas seules… Cette dame a aujourd’hui une cinquantaine d’années. Ses fils ont la trentaine, j’en ai donc déduit que c’était pour tenter le troisième qu’elle a eu ses GEU. Elle a donc fini sur ce terrible échec. J’aurais tellement aimé lui parler… Un jour peut être j’aurai le courage…

Bonne soirée, je croise les doigts pour celles qui attendent, j’ai une pensée très forte pour ceux -trop nombreux- qui ont été déçus récemment, et je souhaite le meilleur pour la suite à tout le monde !

De la bêtise humaine

Depuis que je suis empêtrée dans mes soucis -depuis 2 ans et demi donc- je ne sors presque plus. Je me suis coupée de pas mal d’amis, principalement à cause de leurs moufflets nés ou à naître. Il est vrai que je n’ai jamais été « gaga » des enfants, je déteste quand on me les tend pour leur faire un bisous alors qu’ils ont de la morve plein les joues, et je me dis que eux non plus ne doivent pas apprécier de se faire bizouiller par tout un tas d’adultes qu’ils ne connaissent pas (traumatisme de mon enfance très certainement…).

Mais samedi soir, fête au village. Bien obligée d’y aller, surtout qu’il faut aider à servir… Un xan*x plus tard, me voilà au milieu de la salle des fêtes communale. Des gamins qui courent de partout. Trop chouette… Deux gros ventres dans la salle sur peut-être 20 nanas en situation d’en faire (pour le reste, célibat notoire ou retraite bien sonnée). Dont ma Sainte Belle Sœur, qui court comme elle peut après sa gamine de 1an et demi, embarrassée par son gros ventre de 7 mois. P**ain, je ne l’avais pas vue depuis un moment, je m’attendais à un gros bide mais là ça m’arrache le cœur. Je l’aim(ais) bien ma belle-sœur, idem pour mon beauf, c’est pas la question, mais aujourd’hui leur bonheur affiché alors que nous on en bave tellement, je peux pas, c’est tout. Donc tant que je sais que tout se passe bien, ça me suffit, je ne veux rien savoir de sa grossesse, ni de sa gamine (adorable par ailleurs). J’ai eu le courage de demander à mon homme quand elle doit accoucher seulement ce week end. Mi-janvier, donc. Génial, pile poil quand on a RDV pré-FIV dans le même batiment… Je vais croiser à l’accueil toute la famille qui monte voir la merveille au 2ème, pendant que moi je ne connais que les échos endo-chatales au rez-de-chaussée, les convalescences post-coelio au 3ème ou les urgences pour GEU au -1. Bref. La fête du slip. Donc pour le reste, dont le sexe de la merveille n°2, je n’ai pas pu demander.

En même temps me direz-vous (et comme me dit Biquet), je ne peux pas leur reprocher leur bonheur, ça c’est sûr, ni même leur absence de soutien, puisque nous n’avons parlé de notre situation à personne. Parfois je me dis quand même que tout le monde se doute qu’il y a un souci, donc s’ils se sentaient concernés ils finiraient par venir nous parler, non ? Et ben non. Pas une question, ni même un « comment ça va ? » un peu sincère. La famille comme les amis sont aux abonnés absents. Sauf mes beaux-parents, ils savent pour mes 2 fausses-couches et demandent souvent à Biquet comment ça va, lui reprochent de ne rien dire, je pense qu’ils aimeraient qu’on les tienne au courant et sauraient nous soutenir… Mais je ne veux pas que ma belle-mère se retrouve embarrassée vis à vis de ma mère avec qui elle est bien copine. Ma mère va à coup sûr la passer à la questionnette, et je ne veux pas qu’elle apprenne quoi que ce soit par quelqu’un d’autre que moi. Si réellement je l’intéresse, elle a qu’à me poser la question directement. Et sincèrement surtout.

Enfin tout ça, cette solitude, c’est certainement de ma faute…

Toujours est-il qu’au bout d’un moment, je me retrouve à discuter avec mon homme, un ami et ma belle-mère. Survient au milieu de la conversation une dame d’un certain âge, qui de but en blanc regarde Biquet et lui dit : « et ben dis donc, ton frère il perd pas de temps, et toi qu’est que tu attends pour faire un gamin ?! » et me pose la main sur le ventre en même temps ! WTF ???

Cela s’est fait tellement rapidement que je n’ai même pas eu le temps de la repousser. Dans la même seconde, Biquet devient livide et reste silencieux. Alors je crache mon venin à sa place, beaucoup plus fort que je ne l’aurais souhaité, « C’est pas demain la veille ! ». J’ai hésité un quart de seconde à ajouter : « et vous, votre ménopause, ça se passe bien ? ». J’étais à deux doigts, mais il faut croire que je suis plus polie et délicate qu’elle, je n’ai pas osé. Silence. Même la vieille morue a compris que le sujet était sensible et n’a rien ajouté. Ma belle-mère, que je n’ai pas pu regarder en face, accuse le coup me dira plus tard Biquet. Notre pote n’ajoute rien. On change de sujet je ne sais plus comment. Les larmes montent, mais je ne sais comment j’arrive à les contenir (l’ami Xan*x, surement). Biquet me fait un clin d’œil qui veut dire « ça va ? », sa mine me fait peur.

Un peu plus tard, quand on arrive enfin à se parler au milieu du brouhaha, il me dit de ne pas faire attention à cette vieille c***e, « elle est bête, c’est tout ». Mais je ne peux pas. Sa main sur mon ventre, j’ai eu l’impression de me faire violer. Est-ce que moi je fous la main au cul des gens ? Est-ce qu’il y a marqué « espace public » sur mon ventre ?!!! M***e ! Ce qu’elle a dit tout haut, je sais bien que c’est ce que tout le monde pense tout bas. Je le sens dans leurs regards. Je me sens comme une bête de cirque. « 10 ans qu’ils sont ensemble, pas d’enfants, il doit y avoir un problème… ». Je ne supporte plus ces regards, cette pitié ou cette méchanceté (parce que c’est bien connu que le malheur des autres permet de trouver sa propre vie moins nulle) qui se cache derrière, cette curiosité malsaine qui transpire. Rares sont les regards bienveillants. Mais au moins les gens ont la délicatesse d’éviter le sujet.

Je pense que c’était la dernière fois qu’on me voyait à ce genre de fête. Pour la première fois, mon homme m’a dit qu’il comprenait pourquoi je ne voulais plus sortir. Si c’est pour vivre ça, je préfère mille fois un bon bouquin.

Le fond du gouffre

demain

Mais où est-il, le fond de ce gouffre ? Quand est-ce que je vais enfin l’atteindre, pour pouvoir pousser bien fort sur mes pieds et enfin remonter vers la surface ?

Parce que là je perds pied. Vraiment.

Attention, article fleuve, celles qui le souhaitent peuvent s’arrêter ici !

D’abord ce p..n de J1 qui est arrivé aujourd’hui avec deux jours de retard. Juste histoire de faire ch… Oh, si j’avais encore un poil de bon sens, je me serais dit qu’à J25, on ne pouvait pas se considérer comme « en retard », et que DNLP avait encore bien le temps de faire sa P. Ouais, mais quand mon appli iphone me dit « moyenne de vos cycles :25 jours » sur les 5 derniers cycles, et ben je la crois, et à J25 je commence doucement à me dire qu’on ne sait pas, sur un malentendu, ça peut marcher … Comme une conne. Du coup hier matin j’ai fait un test.

Négatif. Mais alors comme il faut ! la grosse barre pourpre, et pas l’ombre d’une demi trace de 2ème barre, même inspectée à la lampe de bureau. Même après avoir récupéré 3 fois le test dans la poubelle, histoire d’être sûre que la 2ème barre ne se soit pas pointée tranquilou, après 5 heures au milieu des kleenex crades de la poubelle de la salle de bain.

Petit aparté, qui peut être utile aux grosses consommatrices de tests de grossesses que nous sommes (je ne compte plus le nombre de batonnets sur lesquels j’ai pissé depuis 3 ans, pas vous ?…). Avant j’achetais ceux de cette pouffe de Claire, qui me coutaient un bras. Comme j’avais honte de les prendre par lots de 2 (et 3 lots à la fois of course), je les commandais sur internet, c’était plus discret et moins cher. Mais depuis peu, j’en trouve à 0.90€ dans mon LeclercDrive. 10 fois moins chers que ceux de Claire. Donc je ne m’en prive plus, au moindre doute, plutôt que me faire des films comme je m’en suis fait cette semaine, je pisse sur un bâton.

Bref, la grosse claque. DN est vraiment une grosse P. Zombie au boulot toute la journée. Faire semblant. Que j’en ai quelquechose à faire de ce boulot de m. Que les histoires oh combien dramatiques des clients m’intéressent (vous vous rendez compte, plus un chèque dans mon chéquier et je vais devoir attendre une semaine le prochain ? Comme vais-je survivre ? »). Comme d’hab. Serrer les dents. Faire semblant et sourire. Je suis devenue spécialiste. Malgré tout, beaucoup de mes clients sont vraiment sympas, et j’apprécie les moments passés avec eux. Ils me permettent de penser à autre chose pendant quelques heures.

Et aujourd’hui avait lieu le débrief avec Gygy suite à la coelio. J1, j’ai mal au bide à gerber. Suis à côté de mes pompes. On réfléchit à ce RDV depuis des semaines avec Biquet, pour savoir ce qu’on va dire : laisser passer quelques mois en croyant au Père Noel espérant qu’une grossesse naturelle puisse arriver ? Aider la nature avec une stimulation ? Insister pour filer en FIV au plus vite ? Impossible de nous décider, il nous manque des éléments, on improvisera en fonction de ce que dira Gygy.

Etiquettes, attente en baissant la tête pour ne pas croiser une connaissance qui vient voir un nouveau-né à l’étage (« oh salut, qu’est ce vous faites là ? »). On entre, alea jacta est. Assez rapidement, on en vient à l’essentiel : Gygy confirme que la coelio a révélé des trompes en mauvais état. WTF ??? J’avais compris qu’elles n’étaient pas si pourries, que l’une était OK et l’autre « un peu » abimée… Non, elles sont bien esquintées, surtout la droite, et c’est notre principal souci… Elle pense qu’il faut malgré tout se laisser un peu de temps pour profiter du bénéfice possible de l’opération (on m’avait déjà dit ça après l’hystéro en juin dernier, pour le résultat que l’on connaît…). Je suis dans le coltard, impossible d’esquisser un sourire, je n’y arrive plus. Biquet n’est pas non plus très loquace. Il fait néanmoins une tentative en parlant de stimuler les ovaires pour les tentatives « naturelles » des mois à venir, mais Gygy dit que faire une stim sur des trompes défectueuses ce n’est pas une bonne idée. Je me demande pourquoi elle n’a pas retiré la trompe abîmée, j’aurais eu du mal à l’accepter mais peut-être que cela aurait été un mal pour un bien ?

Gygy enchaine en suggérant de préparer les RDV pour se revoir en janvier et attaquer les FIV en février.

ça y est, le mot est lâché. On entre dans l’arène. Mais le meilleur est pour la suite…

Gygy commence à nous expliquer le protocole. Je me garde bien de lui dire que je passe des heures sur internet depuis des mois, et que j’ai déjà quelques notions. Je fais l’ignare, pas la peine d’en rajouter, ici c’est pas moi qui commande comme elle me le rappellera -en termes plus soft, certes- quelques minutes plus tard. Etant donné mes antécédents de phlébite et mes problèmes de coagulation, elle envisage une FIV « sur cycle semi-spontané ». Très peu de stimulation, le but étant d’obtenir « un ou deux ovocytes ». WTF ? un ou deux ? mais c’est pas possible ! On n’obtiendra aucun embryon à partir de 2 ovocytes !… Mon monde s’écroule… Je demande timidement si on ne peut pas tenter plus, mais elle me répond un peu sèchement qu’on a déjà évoqué la question, et qu’il est hors de question de mettre ma santé en danger pour quelquechose (une grossesse, donc) qui n’est pas vital. Point final. Je m’enfonce dans ma chaise. Je suis là, mais pas là en même temps. C’est un cauchemar.

Elle continue en nous expliquant que de toute façon, dans leur centre « partenaire » (parce que oui, il faut aller à la « Grande Ville » pour les FIV) on ne transplante qu’1 seul ovocyte à la première tentative, jamais plus. Et qu’avec mon insuffisance ovarienne (le mot est lâché là aussi…), c’est parfois plus efficace de ne pas faire « murir » artificiellement plein d’ovocytes qui seront de mauvaise qualité, mieux vaut en avoir un seul mais de qualité. Donc si on a du bol, on aura au mieux 1 transfert et 1 pingouin. Mouais. C’est elle le médecin, mais là tout de suite, j’ai du mal à la croire. Je connais toutes vos expériences, ces stim qui ont produit 10 ou 15 ovocytes, puis seulement 2 embryons et au final rien. Alors en partant d’1 seul… Elle suggère de faire 2 tentatives sur ce schéma, en faisant bien sûr un point après la première. Et il est possible qu’une seule tentative suffise…

J’ai perdu tout espoir. Pour moi ce sont deux tentatives, et donc surement une année vu les délais de la PMA, de perdues. Dans un an on en sera au même point, et il nous restera seulement 2 tentatives prises en charge. Je n’y crois pas une seconde.

Et je m’en veux. Je m’en veux parce que mon hématologue avait dit en juillet, pas de souci, avec vos problèmes on peut charger en hormones, du moment que vous avez des anti-coagulants vous ne risquez rien. Mais cela m’est revenu après le RDV. J’étais complètement anesthésiée, mon cerveau était éteint. J’ai même pas pleuré tout de suite. Donc je n’ai pas insisté pour partir sur des doses plus fortes. En même temps, je me dis que si je peux éviter les effets secondaires… Si seulement le nombre de tentatives n’était pas limité…

Biquet ne sait pas quoi penser, il n’y connait pas grand chose parce qu’il n’a pas passé des heures sur les blogs de FIV comme moi. De toute façon il n’exprime pas beaucoup ses sentiments.  Il se fie un peu à ce que je dis, et du coup il n’est pas très rassuré.

Je n’arrive pas à me projeter dans ces tentatives. Tout de suite, je me dis plutôt : aller, encore une année à venir qui sera perdue, après deux tentatives je pourrai peut-être insister pour « charger la mule » et enfin passer à quelquechose qui peut marcher… ou changer de centre…. ou envisager l’étranger. Une FIV-DO à Barcelone. Y’a plus qu’à mettre de l’argent de côté, ce qui va être difficile parce que quand j’ai pas le moral, le seul truc qui m’apaise c’est d’acheter des fringues, des chaussures ou du make-up. Et puis courir aussi. (Et puis avec Biquet on est assommés d’impôts, ils ont littéralement explosé depuis 2 ans, pourtant on n’a pas des jobs extraordinaires, mais lui est à son compte et est imposé sur des sommes qu’il ne perçoit pas… Et on a des prêts tout le tour du ventre. Je pense à mon plan épargne entreprise qui sera dispo en 2016. Le timing est pas mal. Enfin le fric c’est pas le sujet. S’il en faut, on en trouvera).

Voilà les conneries auxquelles je pense alors que j’ai tant espéré cette FIV. Deux ans que j’attends de l’aide. Mais p…n ! pas comme ça, pas une tentative « au rabais », qui n’a aucune chance d’aboutir.

Je vais crever. J’ai trop mal. Même pas le courage de mettre mes baskets et d’aller trotter avec mon chien. Faut que je prenne les RDV au centre de la Grande Ville. Pas le courage.

En plus y’a Noël qui arrive. Et la Sainte Belle Soeur qui va pondre sa deuxième merveille en 2 ans. Vais mourir. Et ma mère qui n’en a toujours rien à foutre de ce qui m’arrive. Aucun soutien, si ce n’est ma collègue adorée. Veux voir personne. Qu’ils aillent tous se faire bénir. Veux me casser en Thaïlande pour Noël. Ou pour toujours.

noel